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Pourquoi je sais ce que je dois faire mais que je n'arrive pas à passer à l'action

Comprendre les mécanismes invisibles du changement



« Je sais exactement ce que je devrais faire… mais je n’arrive pas à le faire. »


Cette phrase résonne peut-être avec votre propre expérience.


Vous savez qu’une habitude ne vous convient plus.

Vous savez qu’une décision importante doit être prise.

Vous savez qu’un projet vous appelle.

Vous connaissez parfois même la prochaine étape à réaliser.


Et pourtant…


Au moment d’agir, quelque chose semble ralentir le mouvement.


Une hésitation apparaît.

Une fatigue soudaine.

Une envie de remettre à plus tard.


Une multitude de raisons qui semblent parfaitement logiques sur le moment.


Alors vous vous jugez.


Vous pensez manquer de volonté.

De discipline.

De courage.

De motivation.


« Progressivement, cette difficulté à passer à l’action peut devenir une source de frustration, voire de dévalorisation. »

Mais si le problème n’était pas simplement une question de volonté ?


Et si une partie de vous ne cherchait pas à vous bloquer…

Mais avant tout à vous protéger ?



Le changement : un désir conscient face à des mécanismes inconscients.


L’être humain possède une capacité remarquable : celle d’imaginer un futur différent.


Vous pouvez vous projeter, définir des objectifs, créer des plans et choisir une direction.


Pourtant, entre l’intention et l’action existe parfois un seuil difficile à franchir.


Pourquoi ?


Parce que notre fonctionnement ne repose pas uniquement sur notre réflexion consciente.


Nos habitudes, nos expériences passées, nos apprentissages émotionnels et nos mécanismes de protection influencent également nos comportements.


Tout cela creuse littéralement des sillons dans notre cerveau : des autoroutes neuronales qu’il lui est plus facile d’emprunter.


Une partie de vous peut vouloir avancer tandis qu’une autre cherche à maintenir un équilibre connu.


Métaphore du conscient et de l'inconscient à travers une voiture lancée à vive allure mais qui roule avec le frein à main, dans le coaching, il faut travailler avec son inconscient et son système nerveux.

Ce conflit intérieur ne reflète pas un manque de courage.


Il est souvent le résultat d’un système de protection qui tente simplement de remplir son rôle.



SOMMAIRE





Notre système nerveux cherche d’abord la sécurité


Notre système nerveux n’a pas évolué en faveur de notre accomplissement personnel.


Sa fonction fondamentale est plus primitive : maintenir notre équilibre interne et préserver notre survie.


Les travaux autour de l’homéostasie puis de l’allostasie ont montré que notre organisme cherche constamment à maintenir un état suffisamment stable face aux changements de son environnement. [1]


Autrement dit, votre corps et votre cerveau évaluent en permanence :

« Suis-je en sécurité ? »


Une tartine grillée dans le grille-pain déclenche un système d'alarme incendie de manière disproportionnée pour montrer l'hypervigilance du système nerveux et du cerveau prédictif en hypnose

Or, tout changement implique une part d’inconnu.


Même un changement positif représente une adaptation.


Changer de métier.

Se marier.

Commencer un projet.

Sortir d’une habitude.

Prendre une nouvelle direction.


Pour votre organisme, quitter un territoire connu demande un effort.


C’est pourquoi certaines personnes restent longtemps dans des situations qui ne leur conviennent plus.


Non pas parce qu’elles aiment souffrir.

Non pas par lâcheté.


Mais parce que ce qui est familier peut sembler moins menaçant que ce qui est inconnu.


Votre cerveau ne cherche pas toujours ce qui est idéal.

Il cherche d’abord ce qui est prévisible.



Le cerveau prédictif : quand nos anciennes expériences influencent notre avenir


Les recherches contemporaines en neurosciences montrent que le cerveau n’est pas simplement un récepteur passif de la réalité.


Il anticipe en permanence.


Selon les modèles du cerveau prédictif développés notamment par Lisa Feldman Barrett et d’autres chercheurs en neurosciences cognitives, notre cerveau construit continuellement des prédictions à partir de nos expériences passées afin de préparer notre réponse au monde. [2]


Cette capacité est essentielle.


Elle vous permet :


  • d’apprendre ;

  • d’économiser de l’énergie ;

  • d’anticiper les situations ;

  • de vous adapter rapidement.


Mais elle peut également devenir une limite.



Illudstration éditorial d'un volant de voiture et d'un gps face à une route cabossée, ancienne et une nouvelle propre et accueillante pour symboliser la force des anciennes grilles de lecture de l'esprit qui ne sont plus adaptées au vécu actuels des clients en hypnose et causent l'échec et l'auto-sabotage

Si certaines expériences vous ont appris que le changement est dangereux, que l’échec est douloureux ou que vous n’êtes pas capable de faire face, votre cerveau peut continuer à produire ces anticipations même lorsque la situation actuelle est différente.


Vous pouvez alors regarder une nouvelle expérience à travers les anciennes lunettes de votre histoire.


Vous pouvez avoir toutes les compétences nécessaires pour entreprendre un projet et pourtant anticiper son échec.


Vous pouvez souhaiter évoluer professionnellement mais ressentir une forte résistance intérieure.


Vous pouvez vouloir prendre soin de vous mais ressentir de la culpabilité lorsque vous vous accordez enfin du temps.


Le problème ne provient pas du réel.


Plus de la manière dont votre cerveau la reçoit et l’anticipe. Et donc de votre réalité intérieure.


C’est justement l’un des intérêts de l’hypnose : explorer certains automatismes, mobiliser de nouvelles ressources et permettre d’expérimenter d’autres façons de percevoir une situation.


Je vous invite vers ma page d'Hypno-coaching & transitions de vie.




Une époque qui sollicite fortement nos mécanismes de protection


Cette capacité de vigilance existe depuis toujours.


Mais notre époque ajoute une charge particulière.


Nous évoluons dans un contexte où les sources d’incertitude sont nombreuses : tensions géopolitiques, retour des préoccupations liées aux conflits armés et au risque nucléaire, instabilité économique, inquiétudes énergétiques et multiplication des crises environnementales sans précédent.


Les rapports internationaux sur les risques mondiaux soulignent régulièrement l’importance de ces facteurs d’instabilité dans la perception collective de l’avenir. [3]


Ces réalités extérieures ne signifient pas que nous devons vivre dans la peur.


Mais elles participent à un environnement où beaucoup de personnes fonctionnent avec un niveau élevé de vigilance.


« Lorsque notre système nerveux est déjà fortement sollicité, il devient parfois plus difficile de prendre des risques, de créer, d’apprendre ou de changer.  »

Dans un monde qui pousse facilement vers la contraction et la protection, choisir l’expansion devient alors un acte conscient.


Il faut parfois apprendre à nager à contre-courant.



La plasticité cérébrale : nous pouvons apprendre et changer, tous, toujours


La bonne nouvelle est que notre cerveau n’est pas figé.


La plasticité cérébrale désigne cette capacité remarquable du système nerveux à modifier ses connexions et ses fonctionnements en fonction de l’expérience. [4]


Nous ne sommes pas condamnés à répéter indéfiniment les mêmes schémas.


Mais cette plasticité fonctionne dans les deux sens.


Ce que nous répétons devient plus facile.


Cela concerne nos apprentissages…

Mais également nos évitements.


Illustration éditorial d'un paysage de neige où des enfants font de la luge pour illustrer le creusement de sillons et autoroutes neuronales. Illustration de la neuroplasticité.

Lorsque nous évitons constamment :

  • l’inconnu ;

  • l’inconfort ;

  • les situations où nous pourrions apprendre ;

  • les expériences qui demandent une adaptation ;

notre cerveau apprend aussi cette stratégie.


Progressivement, nous pouvons nous enkyster dans une manière de fonctionner.

Une routine peut être une base sécurisante.


Mais lorsqu’elle devient trop rigide, elle peut limiter notre capacité d’évolution.


La sécurité est nécessaire.

La rigidité, elle, nous enferme.



La zone d’apprentissage : ni immobilité, ni rupture brutale


Le changement durable ne vient généralement pas d’une violence imposée contre soi-même.


Personne ne développe sa force physique en passant brutalement d’une charge légère à une charge extrême.


Le corps a besoin d’une progression.


Un poids légèrement supérieur stimule l’adaptation.

Une charge trop importante provoque une protection.


Il en va de même pour notre évolution personnelle.


Trop peu de défi


Nous pouvons entrer dans une forme de contraction :

  • repli ;

  • évitement ;

  • perte progressive de confiance ;

  • procrastination.


Trop de défi


Nous pouvons dépasser notre capacité actuelle d’adaptation :

  • surcharge ;

  • activation excessive des mécanismes de protection ;

  • découragement ;

  • abandon.


Le bon niveau de défi


Dans cette zone intermédiaire :


  • nous ressentons un inconfort mais restons capables d’agir ;

  • nous découvrons de nouvelles ressources ;

  • nous renforçons notre sentiment d’efficacité.


Le but n’est donc pas de supprimer toute peur.

Il est d’élargir progressivement ce que nous sommes capables de traverser dans un sentiment de sécurité et d'accès à nos perceptions et nos ressources.




Transformer une montagne en escalier


Un des grands obstacles au changement est de fixer son regard sur l’horizon : le but final.


« Je dois complètement changer ma vie. »

« Je dois réussir ce grand projet. »

« Je dois devenir quelqu’un d’autre. »


« Face à une montagne trop haute à gravir, notre cerveau peut choisir l’immobilité.  »

Non pas parce que nous sommes incapables d’avancer.

Mais parce que l’ampleur du défi peut dépasser notre capacité actuelle d’adaptation.




C’est comme déclencher un court-circuit en nous.

Notre système nerveux peut difficilement supporter une pression soudaine.

Alors, il se paralyse.



Le changement a besoin d’une amorce.

Comme une pompe qui doit être amorcée avant que l’eau puisse circuler.


Il est souvent plus efficace de préparer une succession de paliers.

Des actions suffisamment accessibles pour être réalisées, mais suffisamment significatives pour créer un mouvement.



Illustration éditoriale d'une montagne à-pic et d'une personne qui réalise son ascension vertigineuse pour illustrer le fait qu'il faut monter une marche à la fois dans une épreuve en coaching afin de ne pas se laisser décourager

Chaque étape devient une preuve de compétence et de confiance :

Je suis capable de commencer.

Je suis capable de progresser.

Je suis capable de m’adapter.

Je suis capable de réussir.

Je l’ai déjà fait.


C’est pourquoi je vous encourage aujourd’hui à découper votre grand objectif final en dix petites étapes, dont la première doit être immédiatement réalisable sans friction intérieure.


Chacune de ces étapes doit être concrète, réaliste et suivre une progression logique.


La confiance ne précède pas forcément l’action.


Très souvent, elle naît grâce à l’expérience répétée que nous sommes capables d’agir.


Même imparfaitement.


Ce qui compte, c’est le mouvement !



Inertie, procrastination ou protection ?


Toutes les difficultés à passer à l’action ne sont pas identiques.


Derrière une apparente immobilité peuvent se cacher plusieurs réalités.


Certaines personnes vivent une forme d’inertie :

  • manque d’énergie ;

  • perte de direction ;

  • difficulté à savoir par où commencer.


Elles ne refusent pas nécessairement d’avancer.


Elles peuvent simplement avoir perdu le contact avec la prochaine étape.


D’autres vivent une procrastination plus active.


Elles réfléchissent, analysent, organisent, recherchent la meilleure méthode…


Mais cette activité mentale peut parfois devenir une manière subtile d’éviter l’étape essentielle : commencer.


Les recherches sur la procrastination montrent d’ailleurs qu’elle est souvent liée non seulement à l’organisation du temps, mais aussi à la régulation des émotions inconfortables. [5]


La question passe alors de :

« Pourquoi est-ce que je n’agis pas ? »

À :

« Qu’est-ce que cette immobilité cherche à protéger ? »


Comprendre cette différence est essentiel.


Car on ne répond pas de la même manière à un manque d’énergie, à une peur du changement ou à un mécanisme de protection.



L’accompagnement au changement : créer un espace pour évoluer


Beaucoup de personnes savent déjà ce qu’elles devraient faire.

Est-ce votre cas ?


Elles connaissent souvent les conseils.

Elles ont parfois déjà lu des livres, écouté des conférences ou réfléchi longuement à leur situation.


Ce qui peut manquer, c’est un espace pour mieux comprendre les mécanismes qui influencent réellement votre passage à l’action.


Un accompagnement permet de mieux comprendre :


  • les mécanismes qui freinent l’évolution ;

  • les ressources déjà présentes ;

  • les croyances qui peuvent limiter l’action ;

  • les étapes adaptées pour avancer.


« La qualité de la relation d’accompagnement entre l’accompagnant et l’accompagné est un élément essentiel du processus de changement. C’est un phénomène largement étudié par la recherche. »

Elle offre un cadre où il devient possible d’expérimenter autrement, avec davantage de sécurité et de conscience.

Voir ma page de service : Hypnose & Blocages intérieurs

Voir ma page de service : Hypnose & Confiance en soi


Lorsque l’anxiété et l’hypervigilance deviennent des obstacles importants au changement, travailler également sur l'autorégulation émotionnelle peut être une piste pertinente.

Voir ma page de service : Hypnose : stress & anxiété




Choisir l’expansion plutôt que la contraction


Nous ne changeons pas parce que nous n’avons plus peur.

Nous changeons parce que nous découvrons progressivement que nous sommes capables de traverser ce qui nous fait peur.


Chaque petit pas transmet une information nouvelle à notre cerveau.


Choisir l’expansion ne signifie pas rejeter la personne que nous avons été.


Cela signifie reconnaître que nous avons encore des ressources à découvrir.


Entre la contraction qui cherche uniquement à préserver l’existant…

Et l’expansion qui ouvre de nouvelles possibilités…

Il existe un chemin progressif, qui, comme toute chose dans la nature, parle d’équilibre.


Celui d’une personne qui apprend à se faire confiance.


Le premier changement n’est pas de devenir une meilleure version de soi.


C’est simplement de commencer à se choisir.


Maintenant.



Mickaël Nowack,

Hypnothérapeute et massothérapeute, spécialiste des états de présence




SOURCES


[2] Barrett L.F. (2017). "How Emotions Are Made: The Secret Life of the Brain." Houghton Mifflin Harcourt.

[3] World Economic Forum. "Global Risks Report". https://www.weforum.org/reports/

[4] Kolb B., Gibb R. (2011). "Brain Plasticity and Behaviour in the Developing Brain." Journal of the Canadian Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 20(4), 265–276.

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